Les vernissages du week-end

 


 

Vendredi 19 juin 2015

Angélique Lecaille

Par quatre chemins
Musée d’art et d’histoire, SAINT-BRIEUC (22), à 18h

 

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Vernissage le vendredi 19 juin à 18h au Musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, en partenariat avec le FRAC Bretagne. Exposition du 20 juin à octobre 2015 avec Samir Mougas. Benoit Laffiché et Nikolas Fouré. Opening on June 19th, 2015 at 18:00, in the art and history museum of Saint-Brieuc in partnership with FRAC Bretagne. Collective exhibition from June 20th until October, 2015, with artists Samir Mougas, Benoit Laffiché, and Nikolas Fouré.

Image : Petra, dessin à la mine de plomb d’Angélique Lecaille, 2014. Collection du FRAC Bretagne.

Le travail d’Angélique Lecaille s’impose par ses proportions, paradoxalement en contraste avec son médium de prédilection, le dessin. Couvrant de grandes surfaces à la mine de plomb, elle fait exister un univers que l’on ne saurait assurément situer géographiquement, entre récit d’anticipation et restitution d’un passé historique, dont la précision et la justesse du tracé laisse cependant croire à une possible vraisemblance. Les formes sculpturales en bois sablé ou brûlé, semblant tout droit extraites de ses dessins, pourraient aussi attester de la véracité de ce paysage étrange et singulier, si ce n’est ce choix du noir, contrasté et nuancé à l’infini, qui opère une distance entre le spectateur et l’oeuvre. Cette densité du noir, maîtrisé et dompté, irradié par la lumière, relève d’une virtuosité de la technique, synthétisée dans la grande précision de ses sujets, des paysages saisissants, tourmentés, où les éléments semblent se déchaîner, et où la figure humaine paraît à jamais absente.

 


Nicolas Milhé

Rosa
Couloir, Hambourg (Allemagne), à partir de 17h

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Vernissage le 19 juin de 17h à 22h. Exposition à Couloir, Hambourg, du 20 Juin au 4 Juillet 2015. Horaire d’ouverture : sur rendez-vous (info@couloir.de) Exhibition at Couloir, Hamburg, from June 20th to July 4th, 2015. Opening on June 19th from 5pm to 10pm. Opening hours: by appointment (info@couloir.de).

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Couloir est heureux de présenter pour la première fois en Allemagne “Rosa Luxemburg” de Nicolas Milhé.

Par un casting sauvage, Nicolas Milhé trouve le modèle pour sa « Rosa Luxemburg ». Elle est incarnée par une jeune architecte parisienne, qu’il scanne en trois dimensions avant de la faire tailler par un robot dans un bloc de marbre blanc. Il obtient une première épreuve de la forme, avant d’en réaliser une version en bronze.

En alliant technologies de pointes et techniques classiques, l’artiste fait ressurgir la figure de Rosa Luxembourg. Un anachronisme dans la tenue vestimentaire – renforcé par le registre iconique du bronze – laisse entrevoir toute l’actualité du symbole.

Si il s’agit ici de rendre hommage à la pensée de l’intellectuelle allemande, sa rigueur doctrinale, sa modernité ou sa beauté, la démarche de l’artiste reste éloignée d’intentions nostalgiques. L’œuvre revendique avant tout un principe de réactivation d’un personnage historique en ouvrant la possibilité d’une lecture décentrée de cet héritage.

Pour Nicolas Milhé, le postulat d’authenticité en art est vain. L’anachronisme parfaitement assumé sert le projet esthétique et apparaît en définitive, comme une manière originale et ambitieuse d’actualiser une icône, de l’inscrire dans le réel et de revisiter la fonction mémorielle et culturelle de l’histoire.

Les représentations de Rosa Luxemburg sont rares. La révolte spartakiste écrasée dans le sang, et le destin tragique et prématuré de cette femme restée dans l’ombre du pouvoir ne lui ont pas permis de marquer durablement les images de son temps. Nicolas Milhé revisite l’aura d’une fascinante militante révolutionnaire, internationaliste, antimilitariste, écologiste et féministe du début du vingtième siècle en lui donnant un nouveau statut, un gage d’éternité.

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Samedi 20 juin 2015

Benoît-Marie Moriceau

Targeting figures
FRAC Centre, Orléans

 

Capture d’écran 2015-06-12 à 15.09.14

Dans le cadre de leur participation à l’exposition Relief(s) au FRAC Centre à Orléans, Benoît-Marie Moriceau et David Picard ont imaginé une intervention spécifique dans le hall d’accueil des Turbulences. L’oeuvre inédite sera dévoilée lors d’un atelier et une rencontre le samedi 20 juin et sera visible jusqu’au 20 septembre 2015. As part of the exhibition Relief(s) at FRAC Centre in Orléans, Benoît-Marie Moriceau and David Picard created a specific intervention in the hall of Turbulences. This new artwork will be shown for the first time on Sunday, June 20 and will be exhibited until September 20.

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L’extension architecturale de Jakob+Macfarlane fait directement écho aux formes géologiques convoquées à plusieurs titres dans le cycle d’exposition. Les artistes ont ainsi souhaité investir temporairement la structure interne du bâtiment et souligner sa propension praticable par le filtre d’un geste programmatique.

S’inspirant de la logique du pointage appliqué à l’escalade ou à la cartographie, ils ont mis en place un dispositif lumineux qui vient révéler certaines articulations de la construction et désigner des éléments présents dans l’espace. À la manière des lignes invisibles que constituent nos constellations, ce geste furtif vient tracer des figures possibles, un itinéraire imaginaire, une mise en récit du lieu.
Cette ponctuation lumineuse et mouvante, à l’image du laser du sniper ou de la «poursuite» de théâtre, cible des points de vues possibles et place le visiteur dans un rapport dynamique à cette architecture.

Visuel : Benoît-Marie Moriceau, David Picard, Targeting Figures, 2015 © ADAGP

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Patrick Tourneboeuf

Blow up
galerie melanie Rio, Paris, à partir de 15h

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 Blow-Up Saint Raphael 01, Patrick Tourneboeuf

Exposition du 25 juin au 31 juillet 2015. Vernissage le samedi 20 juin à 15h. A 17h concert-performance de CRAVAN avec Benoit TranchandExhibition from June 25th until July 31th, 2015. Opening on Saturday, June 20th at 15:00. At 17:00 performance by CRAVAN and Benoit Tranchand.

« Il évoque Les Vacances de monsieur Hulot de Jacques Tati. On pense à Blow Up d’Antonioni. Mais il n’y a pas de meurtre, ni d’ailleurs de filles topless à découvrir dans les agrandissements des cartes postales récupérées par le photographe sur les brocantes. On réalise cependant que, sur ces clichés universels, il existe des individus, vous ou moi peut-être, qui jouent simplement dans le sable, ou se promènent près de la plage, et que l’on est étrangement passé du témoignage (j’y étais) à la reconnaissance (j’y suis). Certes flou et tramé, mais présent. En juxtaposant l’original et le zoom en grand format, au festival Photomed de Sanary-sur-Mer, en mai 2014, Patrick Tournebœuf tend à nous montrer que « cet aspect plastique nous permet de porter un nouveau regard sur ces images usées par le temps » : « Ces recadrages sont des tranches de vie. »

Paru sur Libération, août 2014

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