L’air ou l’optique & Waves Become Wings

SILVANA REGGIARDO / EPONINE MOMENCEAU

 

 

Exposition de photographies et vidéos à la galerie melanie Rio à Nantes du 3 avril au 16 mai 2015
Fermée les 1er, 8 et 14 mai.

 

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L’air ou l’optique

SILVANA REGGIARDO

 

Silvana Reggiardo définit sa « relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace, expérience visuelle, expérience instrumentée ».

Pour L’air ou l’optique Silvana Reggiardo suit un minutieux protocole en faisant tout d’abord abstraction de la fenêtre, en (re)cadrant de façon à supprimer la profondeur, à écraser les quelques éléments derrière les surfaces de verre. Ceci permet de restituer la matérialité, proche du pictural, de la surface de la vitre où affleurent différentes textures chacune s’y étant posée à leur propre vitesse.

Les cadrages sont justement choisis pour leurs qualités picturales propres (surface, texture, couleur, etc.). Ils créent l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible. Les formats, retenus selon le cadrage, ne sont pas de grandes tailles comme pour mieux rendre compte d’une condensation et permettre une observation plus intime. L’air ou l’optique invite à la concentration. C’est ainsi que l’image apparaît.

Il pourrait s’agir d’images abstraites, d’images de peinture. En effet, Silvana Reggiardo a débarrassé ses photos de leur identité première pour devenir des images mentales. Toute évocation naturaliste évidente a disparu au profit d’abstractions volontairement énigmatiques. La matière, des divers éléments s’étant posés sur la vitre, remonte en surface. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse ou se heurte à la surface. Avec L’air ou l’optique Silvana Reggiardo explore sur une surface en verre des variations de la lumière. Cette dernière, source de la photographie, agit d’autant plus comme un révélateur. Elle permet la vision. C’est ainsi que l’artiste souligne la matérialité de la photographie dans sa fonction première, celle d’enregistrer la lumière. La photographie n’est pas un instrument pour Silvana Reggiardo mais bien une finalité.

Une mise en abyme nous est proposée. Le fait de photographier des projections sur une surface en verre nous rappelle naturellement les surfaces sensibles des appareils photos argentiques enregistrant la lumière émise par la scène à photographier.

Tant par le sujet que par son traitement Silvana Reggiardo nous oblige à dépasser toute lecture conformiste ou convenue du regard. Une nouvelle lecture de l’image est établit. Ce qui nous est donné à voir est le résultat d’une expérience de la part de la photographe comme du regardeur. Il s’agit donc moins de morceaux de ciel que de l’extraction d’images à caractère conceptuel.

L’air ou l’optique devient ainsi le lieu de l’expérience.

Leïla Simon, 2015

Waves Become Wings

EPONINE MOMENCEAU

 

Avec ses films et vidéos, Eponine Momenceau nous entraine dans un univers visuel composé de soubresauts de lumière et d’ombres prégnantes, reprenant la métaphore des « rayons et des ombres » chère à Robert Desnos.

Diplômée de la Fémis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son), elle mêle avec habileté des connaissances techniques intrinsèquement liées au cinéma qu’elle n’hésite pas à remettre en jeu et détourner afin de concevoir des films et des vidéos relevant à la fois de l’expérimentation et de la contemplation.

A l’aide d’un appareil photo numérique capable d’enregistrer des images au ralenti extrême, l’artiste a filmé un entraînement de basket féminin : les fragments de jeu, les attitudes et les expressions de ces jeunes filles génèrent une certaine beauté inscrite comme dans un temps suspendu. Ces images ne sont pas sans évoquer certaines postures du corps dans la peinture de la Renaissance, qu’il s’agisse de représentations religieuses ou profanes, relevant des thématiques de l’offrande, du don, de l’échange, de la complicité et du partage. Le son, provenant d’extraits musicaux au tempo très lent, permet à Eponine Momenceau de retranscrire une émotion et de générer ainsi une temporalité apte à la contemplation, à une nouvelle lecture d’une réalité transformée.

Marc Bembekoff, commissaire de l’exposition « Waves Become Wings, module », Palais de Tokyo, Paris, 2013.

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Eponine Momenceau, directrice de la photo pour le film Dheepan de Jacques Audiard, Palme d’or du festival de Cannes 2015.

Song Eponine

Eponine Momenceau dans le Quotidien de l’art du 15 mai 2015, n°833

Eponine Momenceau : le réel au tamis de l’image (écrit par Marie Chênel)

Image : Éponine Momenceau, Song, 2011, vidéo. Courtesy de l’artiste.

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Im.

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galerie melanie Rio, Nantes
34, boulevard Guist’hau, Nantes
Horaires : du mercredi au samedi de 15h à 19h et sur rendez-vous
info@rgalerie.com / +33 2 40 89 20 40

 

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