Ambroise Tezenas / Dark tourism

This slideshow requires JavaScript.

Le tourisme « macabre » est une des nou- velles tendances de l’industrie touristique. Chaque année, le nombre de visiteurs aug- mente. Théâtres de catastrophes naturelles ou de guerres, scènes de crimes, quartiers dangereux ou sinistrés, la liste de ces lieux de désolation accessibles aux touristes ne cesse de s’étoffer. Leur point commun : la mort, le danger, les stigmates visibles et sur- tout une proximité dans le temps qui rend le drame tangible.

Mais face à une logique commerciale implacable, les sites ne sont pas tous égaux. Et pour attirer les visiteurs, certains Tours Operator font preuve d’une imagination parfois douteuse.

Selon Lonely Planet, le tourisme macabre devrait connaître dans les années à venir une très nette progression. La liste de ces nouveaux lieux touristiques ne cesse de s’al- longer : les « killing fields » au Cambodge,

le « Katrina Tour » à La Nouvelle Orléans ou encore le « visit Chernobyl Tour» en Ukraine. Cette offre d’un genre nouveau s’inscrit souvent dans la recherche de nouvelles niches marketing sous fond de voyeurisme d’une industrie en constante progression. Aujourd’hui il est devenu « acceptable » de visiter les sites attachés à la mort notam- ment en signe de respect pour les victimes. Une série d’événements dramatiques sont ainsi ancrés dans la conscience des gens

à travers la culture populaire et les médias. Ils font désormais partie des expériences touristiques et culturelles.

Ambroise Tezenas

Le “Dark Tourism” se réfère à la visite de lieux en lien à la mort, l’assassinat, l’incarcération, le génocide et la catastrophe.

Ce phénomène n’est pas nouveau, de tels sites provoquent l’intérêt depuis toujours. Des combats de gladiateurs de la Rome antique, aux exécutions publiques dans le Londres du 17è siècle, la mort fascine. Cette fascination morbide ne faiblit pas. Récemment, cet intérêt s’est confirmé avec le site de Ground Zero à New York, à Paris au pont de l’Alma où la Princesse Diana a trouvé la mort; et dans de nombreux pays d’Afrique tels que l’Angola, l’Afrique du Sud, le Sierra Léone ou encore le Rwanda.

Le tourisme “macabre” se décline sous de multiples formes : des camps de concentration aux sites de catastrophes nucléaires, de lieux d’accident aux musées de torture. De tels sites soulèvent des question d’éthique d’un point de vue de leur gestion, de leur conservation, de leur communication et de leur interpréta- tion historique. L’attirance pour le macabre grandit proportionnellement à l’intérêt croissant que lui portent les médias et les productions cinématographiques.

L’envahissement actuel des médias implique de fait une sensibilisation à la mort, par le biais de reportages en temps réel, d’archives accessibles à tous sur le web. C’est ici que le travail d’Ambroise Tezenas prend tout son sens. Ses images sobres et obsédantes reflètent parfaitement ce phénomène.

Professor J John Lennon PhD MPhil BSc (Hons)author of Dark Tourism; the attraction of death and disaster, Continuum.